Chère Camarade,

La dernière fois, j’ai entendu ton cri et mes yeux ont noyé la ville. Ce cri déserté me rappelle la force de tes mains perdues dans les siennes. L’amour est l’alcool du cœur, nous forçant à marcher sur la fine frontière entre la poussière et le ciel. La nuit seule ne trahit pas les yeux, tout devient noir et tes yeux s’allument comme des étoiles. Lorsque tu brilles, l’homme n’a plus qu’un seul choix : placer sa raison après son cœur. Ta place ne se trouve pas dans un regard charnel, ni dans les caresses éphémères. Elle est ailleurs, dans ce sourire qui annonce l’odeur d’une nouvelle mère, dans l’ombre de cet enfant qui lira tes seins comme un livre de vie éternelle. N’aie pas peur : être blessée est un serment que l’amour fait aux innocents. Alors que ton corps soit un pardon que tu offres à l’oubli.

Chère camarade, n’écoute jamais ton cœur. Il est un menteur magnifique, capable de peindre des paradis dans les ruines de ta faiblesse.

Je veux que tu deviennes une femme avant d’être une gentille fille.

Alfred Jean Emile

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